Ligue 1: trop fragile, l'OM cède face au Paris FC
Encore en plein chantier et terriblement friable défensivement, l'OM a enchaîné dimanche un deuxième revers d'affilée en s'inclinant 3-2 à domicile face au Paris FC de Lassine Sinayoko, auteur d'un triplé qui amène son équipe sur le podium.
Le match d'ouverture réussi et gagné contre Strasbourg (4-0) avait pu faire croire que l'OM, même dépouillé de six titulaires de la saison dernière et sans aucun renfort, pouvait faire bonne figure en Ligue 1.
Mais la défaite de la semaine dernière contre Monaco (2-0) avait déjà montré que certaines équipes étaient mieux armées et plus prêtes que celle de Bruno Genesio à rêver de Ligue des champions.
Le nouvel entraîneur marseillais l'a d’ailleurs dit vendredi: avec un tel effectif, il serait "irresponsable" de parler de la grande Europe.
Mais le revers de dimanche face au Paris FC est plus embêtant, car il intervient cette fois face à un vrai rival direct, un concurrent pour les autres places européennes, celles qui envoient en Ligue Europa ou en Ligue Conférence plutôt qu'en C1.
De fait, le match de dimanche s'est joué entre deux équipes imparfaites et du même calibre, aux ambitions équivalentes, parce que le projet du PFC progresse et parce que l'été a redimensionné celui de l'OM.
- cadeau parisien -
Pour voir ça, le Vélodrome n'était pas tout à fait plein et a sorti de nouvelles banderoles contre Frank McCourt, signe que Marseille n'est pas encore pleinement réconcilié avec son OM, ou en tous cas avec son propriétaire.
A la fin du match, les tribunes ont pourtant encouragé les joueurs de Genesio plutôt que de les accabler, mais tout le monde a bien vu qu'il y avait encore beaucoup de travail.
Athlétiquement loin du compte et terriblement fragile derrière malgré le retour de Nayef Aguerd, l'OM a ainsi vécu un calvaire à chaque fois que les joueurs parisiens passaient la ligne médiane.
Le supplice a débuté dès les premiers instants, quand ni Aguerd, ni Timothy Weah n'ont réussi à stopper le déboulé de Luca Koleosho, qui a servi Sinayoko pour l'ouverture du score dès la... 24e seconde.
L'OM est revenu rapidement, quand Amine Gouiri a profité d'un immense cadeau de la défense parisienne et de Samir Chergui en particulier (1-1, 7e).
Mais avant la 20e minute, Sinayoko a réussi un doublé en reprenant de la tête un corner joué à deux par les Parisiens et défendu par personne par les Marseillais (2-1, 19e).
- mal de tête -
Avant la pause, Emerson a été dangereux (27e) et Paixao, invisible jusque-là alors qu'il était attendu comme le sauveur, a frappé un beau coup franc sur le haut de la barre (40e).
En début de seconde période, le PFC de Liam Rosenior, globalement plus cohérent que son adversaire, a encore été dangereux deux fois, mais c'est Marseille qui a marqué, Amine Harit s'arrachant pour offrir un doublé à Gouiri (2-2, 53e).
Ensuite, les jeunes (Abdallah, Mmadi) et les déclassés (Cornelius, Garcia, Moumbagna) sont entrés côté marseillais et la fin de match a été débridée, pas d'une immense qualité mais rendue plaisante par son intensité décousue.
Au bout du compte, il fallait une dernière erreur défensive pour tirer le bilan de ce match et elle est assez logiquement venue de CJ Egan-Riley, à la peine tout au long du match. Coupable d'une main dans sa surface, l'Anglais a offert à Sinayoko le penalty du 3-2 et d'un beau triplé personnel (86e).
Vendredi, Genesio se disait soulagé que le mercato soit enfin fini, tout en sachant qu'en janvier, le "mal de tête" et les transferts obligatoires allaient revenir.
Avec trois points seulement en trois matchs et des duels à venir face à Rennes, Besiktas et le Paris SG, la migraine risque même de s'installer bien plus tôt.
C.Mazen--CdE