Courier de l'Égypte - Dans le sud du Liban, le village de Kfar Remmane enterre ses morts

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Dans le sud du Liban, le village de Kfar Remmane enterre ses morts
Dans le sud du Liban, le village de Kfar Remmane enterre ses morts / Photo: Mahmoud ZAYYAT - AFP

Dans le sud du Liban, le village de Kfar Remmane enterre ses morts

Des centaines de personnes ont enterré mardi à Kfar Remmane, dans le sud du Liban, deux frères du Hezbollah et dix membres de leur famille, dont un nourrisson de trois mois, fauchés la veille par une frappe israélienne.

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En tête du cortège, deux cercueils sont drapés du pavillon jaune du mouvement pro-iranien, tandis que des jeunes brandissent les portraits des deux membres du Hezbollah. Les autres cercueils sont recouverts du drapeau libanais, indiquant qu'il s'agit de civils.

Dans la nuit de dimanche à lundi, une frappe israélienne a visé sans avertissement préalable un bâtiment de trois étages, le détruisant entièrement et décimant une famille de douze personnes dans ce village voisin de la ville de Nabatiyé.

Un secouriste, tué lundi dans une autre frappe visant une voiture dans cette même localité, située à une douzaine de kilomètres de la frontière israélienne, a également été inhumé.

"Il y a 13 martyrs parmi lesquels un grand-père, une grand-mère, deux couples et leurs enfants, dont un bébé âgé de trois mois", affirme à l'AFP le maire adjoint de Kfar Remmane, Noureddine Noureddine.

"Ce crime s'est produit pendant la nuit, alors qu'ils dormaient. Il n'y avait pas d'activité militaire, rien du tout", assure-t-il.

"Mort à Israël, mort à l'Amérique", ont scandé les participants aux funérailles, certains brandissant des drapeaux du Hezbollah. Ils se sont rassemblés devant un bâtiment détruit avant de traverser le village en direction du cimetière.

Toutes vêtues de noir, les femmes sanglotent en brandissant les photographies des victimes, tandis que des drones israéliens survolent la procession.

- "Une once d'honneur" -

L'armée israélienne avait affirmé lundi avoir frappé des "sites d'infrastructures" du Hezbollah en réponse au lancement de deux drones chargés d'explosifs en direction de ses soldats.

"L'affirmation selon laquelle plusieurs personnes non impliquées ont été blessées ou tuées à la suite des frappes fait actuellement l'objet d'un examen", avait-elle précisé.

L'armée, qui occupe une bande frontalière d'une dizaine de kilomètres dans le sud, a réitéré qu'elle allait "continuer d'agir pour éliminer les menaces tout en restant attachée à l'accord de cessez-le-feu".

Depuis vendredi, 27 personnes ont été tuées, selon le ministère de la Santé, dans les frappes israéliennes, qui se sont intensifiées ces derniers jours après l'annonce par Israël de la prise d'une importante position du Hezbollah, la crête d'Ali Taher, qui surplombe la région.

Les hostilités avaient baissé d'intensité depuis fin juin, à la faveur d'un protocole d'accord américano-iranien et d'un accord-cadre entre le Liban et Israël.

Le Hezbollah, opposé aux négociations entre le Liban et Israël, n'a plus revendiqué d'attaques depuis le 20 juin.

"S'ils (le pouvoir libanais, NDLR) ont ne serait-ce qu'un semblant d'honneur, la première chose qu'ils devraient faire serait de mettre fin aux négociations", lance Ghaleb Baalbaki devant un portrait de son fils, un membre du Hezbollah tué par le passé.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans le conflit régional en lançant, dès le mois de mars, des attaques contre Israël en soutien à l'Iran, son allié. Les représailles israéliennes ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités.

Des habitants de Kfar Remmane étaient revenus chez eux à la faveur de la trêve en juin, après avoir été déplacés par les combats.

"Kfar Remmane commençait à revivre, il y avait plus de 1.400 habitants avant la dernière escalade", observe M. Noureddine. "Aujourd'hui, ils se comptent sur les doigts de la main".

F.Rami--CdE