Courier de l'Égypte - Alta Ares accélère pour répondre à des "failles" dans la lutte antidrones

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Alta Ares accélère pour répondre à des "failles" dans la lutte antidrones
Alta Ares accélère pour répondre à des "failles" dans la lutte antidrones / Photo: JULIEN DE ROSA - AFP/Archives

Alta Ares accélère pour répondre à des "failles" dans la lutte antidrones

"Il y a une vraie faille capacitaire aujourd'hui": avec la levée de 50 millions d'euros, le patron de la jeune pousse française Alta Ares espère accélérer le développement et l'industrialisation de ses intercepteurs pour contrer les attaques de drones et missiles.

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Cette levée de fonds annoncée mardi depuis Kiev, où Alta Ares est présente depuis sa création en 2024, a pour but de passer à l'échelle "et d'améliorer l'efficacité de nos produits", déclare Hadrien Canter, directeur général et cofondateur d'Alta Ares dans un entretien en visio avec l'AFP.

Le renforcement de la défense sol-air pour lutter contre les drones sera le thème clé d'Eurosatory, le plus grand salon mondial de la défense terrestre, les 15-19 juin près de Paris.

"L'intégralité de notre défense était basée sur le postulat qu'on avait la suprématie aérienne. Or la nature du combat a changé, la quantité devient une qualité", souligne Hadrien Canter qui parle l'ukrainien et se rend régulièrement dans les zones de combats pour voir ses intercepteurs à l'oeuvre.

"On ne va pas toujours envoyer des avions de chasse contre des milliers de drones", poursuit-il.

"Tout le monde parle des drones Shahed aujourd'hui. Effectivement, c'est une des plus grosses failles capacitaires aujourd'hui dans la défense. Mais ce n'est pas la seule menace", ajoute-t-il en citant également bombes planantes et missiles de croisière "qui vont à une vitesse de 700 km/h".

L'enjeu est de répondre à l'ensemble des menaces, tout en faisant constamment évoluer les engins utilisés sur le front ukrainien pour s'adapter aux améliorations apportées par l'adversaire, explique-t-il.

- Taux d'interception en baisse -

"Les Shahed ne font pas une trajectoire rectiligne, ils font de plus en plus des manœuvres d'évitement (...) Les Russes sont très intelligents. Les Iraniens sont très intelligents aussi. Comme les Chinois qui les aident", et qui fournissent moteurs et caméras à la majorités des fabricants de drones dans le monde.

Résultat: le taux d'interception qui était en Ukraine "autour de 60% est redescendu", reconnaît Hadrien Canter.

"Nous avons besoin de ressources humaines pour régler ces problèmes-là", ajoute-t-il.

Alta Ares, qui emploie quelque 70 personnes, compte augmenter ses effectifs à 150 d'ici la fin de l'année.

Outre les défis technologiques, Alta Ares primée en mars 2025 par l'Otan qui l'accompagne dans sa montée en maturité, est aussi face aux défis de montée en cadence et à la nécessité de produire vite, pas cher et en grande quantité.

Les pays de l’Otan devraient consacrer jusqu'à 10 milliards d’euros à la lutte antidrones d'ici 2030, dans un contexte où des drones russes ont déjà été signalés au-dessus de plusieurs pays membres de l’Alliance.

- "Compétence rare" -

La question "n'est pas de faire des stocks qui seront obsolètes, mais d'entraîner des militaires à utiliser des nouveaux systèmes qui n'existaient pas avant. Ou intercepter des drones, comme les Shahed, lorsqu'ils violent les frontières de l'Otan", explique Hadrien Canter.

L'entreprise développe deux classes d’intercepteurs capables d'évoluer en conditions arctiques et désertiques.

Le X-Lock, doté d'une portée de 15 km, est destiné à neutraliser des drones de type Shahed. Le Black Bird, encore au stade de prototype, vise des cibles plus rapides, comme les missiles de croisière Kh-101 et les bombes planantes FAB-500 à une distance pouvant atteindre 30 km.

Alta Ares est également présente au Moyen-Orient où entre toutes les technologies et tous les savoir-faire, c'est "la formation à la défense sol-air" qui est "la plus prisée".

"C'est une compétence assez rare et la menace évolue. Il ne faut pas oublier qu'il y a des hommes et des femmes derrière tout cela, ce ne sont pas des robots qui fonctionnent tout seuls", souligne-t-il.

O.Osman--CdE