Liban: Paris exhorte Israël "à s'abstenir" de s'emparer d'une zone du sud (chef de la diplomatie à l'AFP)
Le chef de la diplomatie française a exhorté mardi Israël "à s'abstenir" de mener des opérations pour s'emparer d'une zone du sud du Liban, tout en saluant la "décision courageuse" du Liban d'expulser l'ambassadeur d'Iran en poste à Beyrouth.
"Nous exhortons les autorités israéliennes à s'abstenir de telles opérations terrestres qui auraient des conséquences humanitaires majeures et qui aggraveraient la situation déjà dramatique du pays", a déclaré Jean-Noël Barrot lors d'un entretien avec l'AFP.
Il a en outre condamné "avec la plus grande fermeté les propos du ministre (israélien des Finances Bezalel) Smotrich, qui a évoqué la rivière Litani comme la nouvelle frontière au nord d'Israël, ce qui est évidemment une atteinte majeure à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Liban".
Israël a annoncé mardi qu'il allait s'emparer d'une large zone du sud du Liban pour assurer sa sécurité, alors qu'il poursuit ses frappes sur le reste du territoire libanais, faisant trois morts près de Beyrouth et cinq autres dans le sud.
Après avoir envahi le Liban en 1982, Israël avait maintenu une zone tampon de 10 à 20 kilomètres de profondeur, jusqu'à son retrait total en 2000, sous les coups de boutoir du Hezbollah pro-iranien.
"Je veux saluer les déclarations et les actes du gouvernement libanais (...) qui vient ce matin de prendre une décision courageuse en décidant de renvoyer l'ambassadeur d'Iran puisque, en décidant de se joindre à la guerre, le Hezbollah, pour soutenir l'Iran, a entraîné le pays, qui était en train de se remettre, lentement mais sûrement des crises précédentes, dans une guerre", a ajouté le ministre français.
Le ministère libanais des Affaires étrangères a annoncé mardi avoir retiré l'accréditation de l'ambassadeur d'Iran, récemment nommé à Beyrouth, et lui a donné jusqu'à dimanche pour quitter le pays.
Jean-Noël Barrot a en outre salué la décision du gouvernement libanais d'expulser "un certain nombre de représentants des gardiens de la Révolution au Liban".
"Ce n'est pas rien, ce sont des décisions majeures", a-t-il fait valoir en référence à toutes ces décisions.
Ces propos interviennent peu après que le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a lui appelé mardi les autorités libanaises à "prendre des mesures concrètes et significatives" contre le mouvement islamiste Hezbollah, allié de l'Iran et représenté par deux ministres au sein du gouvernement libanais.
Au sein du gouvernement libanais, le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, et celui du Travail, Mohammad Haidar, sont affiliés au Hezbollah.
Jean-Noël Barrot s'était rendu la semaine dernière au Liban puis en Israël.
"Il y a donc là une opportunité historique pour que, entre le Liban et Israël, des coopérations nouvelles puissent être établies", a-t-il estimé mardi lors de l'interview.
"J'ai invité les autorités libanaises comme les autorités israéliennes, par l'intermédiaire de mon homologue, à saisir cette opportunité" et "le plus rapidement possible", au moment où les gestes de la part du gouvernement libanais "montrent qu'il traduit ses paroles en actes", a-t-il également souligné.
N.Salem--CdE