Liban: trois soldats tués par des frappes israéliennes dans le sud, centres d'accueil saturés
Des frappes israéliennes ont tué mardi trois soldats de l'armée libanaise, restée à l'écart de la guerre entre le Hezbollah pro-iranien et Israël, et visé la banlieue sud de Beyrouth, près de l'aéroport international.
Les frappes israéliennes ont fait depuis le début de la guerre 912 morts, dont 111 enfants, selon le dernier bilan officiel mardi. Les autorités recensent aussi plus d'un million de déplacés, plus du sixième de la population du petit pays.
Alors qu'Israël menace d'étendre ses opérations terrestres chez son voisin, trois soldats ont été tués et quatre blessés dans deux frappes dans le sud, selon l'armée libanaise
Dans les deux cas, ils avaient terminé leur service, selon une source militaire.
Condamnant ces frappes, le président, Joseph Aoun, a estimé qu'elles allaient à l'encontre des efforts du Liban pour que l'armée, chargée par les autorités de désarmer le Hezbollah, "étende l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire".
Des frappes ont aussi à nouveau visé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, désertée par une grande partie de ses habitants.
L'une a visé l'ancienne route de l'aéroport, faisant un mort et neuf blessés, selon les autorités.
L'Autorité de l'aviation civile a assuré que l'aéroport, en lisière de la banlieue sud, était toujours fonctionnel, et la route y menant praticable.
- Centres saturés -
A Genève, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Thameen Al-Kheetan, a jugé mardi "inacceptables" les propos d'un ministre israélien d'extrême droite, qui avait menacé début mars de faire subir à la banlieue sud de Beyrouth le même sort que Gaza.
Les déplacés libanais du sud du pays "ne retourneront pas dans leurs foyers" le long de la frontière tant que la sécurité du nord d'Israël ne sera pas garantie, a averti le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
Mardi, l'armée israélienne a de nouveau émis des ordres d'évacuation couvrant de larges pans du sud du Liban, à plus de 40 kilomètres de la frontière, soit environ 14% du territoire.
A Saïda, principale ville méridionale, éloignée de la frontière, des déplacés dorment dans leurs voitures le long de la corniche du bord de mer, selon une équipe de l'AFP sur place.
"Saïda est pleine, nous n'avons plus de capacité" pour accueillir des déplacés, déclare Jihan Kaisi, directrice d'une ONG qui gère une école réaménagée en centre d'accueil, où s'entassent plus de 1.100 personnes.
"Beaucoup de gens viennent chaque jour demander un refuge, mais (...) nous ne pouvons pas les accepter", ajoute-t-elle.
"Les gens continuent de fuir à la suite des ordres d'évacuation", précise-t-elle.
- Opérations terrestres -
Parallèlement à sa campagne de bombardements massifs, Israël a annoncé mener "des opérations terrestres limitées et ciblées contre des bastions clés du Hezbollah dans le sud du Liban", avec troupes et blindés.
Israël affirme vouloir protéger les populations du nord de son territoire des roquettes du Hezbollah.
La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant, le 2 mars, le territoire israélien, contre lequel elle revendique depuis des attaques quotidiennes.
Le groupe chiite a également revendiqué tôt mardi deux attaques à la roquette contre des soldats israéliens près des villages frontaliers de Maroun al-Ras et Meiss El Jabal.
Lundi soir, l'Allemagne, le Canada, la France, l'Italie et le Royaume-Uni ont averti qu'une opération terrestre israélienne de grande ampleur au Liban "aurait des conséquences humanitaires dévastatrices et pourrait conduire à un conflit prolongé".
Dans une interview à l'AFP lundi, le président israélien Isaac Herzog a lui appelé les pays européens à "soutenir tout effort visant à éradiquer" le Hezbollah, tout en accueillant favorablement une offre de médiation française entre son pays et le Liban.
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H.Zahran--CdE