Iran et Etats-Unis s'enfoncent dans la guerre, des infrastructures attaquées selon Téhéran
Des frappes américaines ont touché dans la nuit de jeudi à vendredi des infrastructures de transport en Iran, notamment des ponts, selon des médias iraniens, marquant une nouvelle escalade plus d'une semaine après la reprise des hostilités autour du stratégique détroit d'Ormuz.
"Les attaques se poursuivent et elles sont si violentes que j'en ai les mains qui tremblent", raconte à l'AFP Hani, un professeur iranien de 34 ans habitant la ville d'Ahvaz (sud-ouest). "Il y a eu au moins 11 ou 12 explosions. J'ai l'impression que mes oreilles vont exploser."
Une série d'explosions a secoué différents secteurs dans le sud de l'Iran, à proximité du détroit d'Ormuz, ont rapporté des médias d'Etat du pays.
Deux ponts ont frappés dans la région de Bandar Khamir, faisant deux morts et quatre blessés, selon la télévision d'Etat Irib.
Une gare a également été "ciblée par l'ennemi américain" à Bandar Abbas, d'après Irib, qui recense deux blessés à cet endroit.
L'aéroport d'Iranshahr (sud-est) a été touché par "au moins un projectile de l'ennemi américain", a-t-on appris de même source.
L'armée américaine avait annoncé une nouvelle salve de frappes contre l'Iran, pour la sixième nuit d'affilée.
Le président Donald Trump avait menacé dans la semaine de frapper les ponts et les centrales électriques du pays si les Iraniens ne revenaient pas à la table des négociations.
Téhéran a continué de son côté de viser, au moyen de drones, des pays de la région alliés de Washington, dans un scénario qui se répète à l'identique depuis plusieurs jours.
Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril, minant les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable au conflit.
Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, il a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et n'en finit pas d'ébranler l'économie mondiale.
- Hôpital évacué -
Le Pakistan, médiateur des discussions, a exhorté jeudi les deux parties à mettre "fin aux violences et à reprendre les discussions" dans le cadre du protocole d'accord signé mi-juin, qui a volé en éclats.
Et Islamabad a appelé à un "retour à la normale dans le détroit d'Ormuz", de nouveau verrouillé par l'Iran le week-end dernier. En réponse, les Etats-Unis ont rétabli mardi soir leur blocus des ports iraniens - l'armée américaine a dit avoir arraisonné jeudi un navire dans ce cadre.
Dans le détroit, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié (GNL) mondiaux, le trafic s'est raréfié.
Les cours du pétrole restent globalement stables malgré la situation avec un baril de Brent autour de 85 dollars.
- L'Irak touché -
A Téhéran, épargnée jusqu'à présent par les bombardements, la vie suit son cours et les habitants surveillent les derniers développements sans inquiétude perceptible, malgré l'activation la nuit dernière de systèmes de défense antiaérienne en périphérie.
Plus de trente civils sont morts depuis que les affrontements ont repris, selon les autorités iraniennes, qui ont aussi fait état du décès de sept militaires.
L'Iran a répliqué en visant Bahreïn, le Koweït et la Jordanie.
La guerre s'est aussi étendue à l'Irak, où le Premier ministre a condamné une "attaque de drones" près du consulat américain à Erbil, dans la région du Kurdistan, la première dans la zone depuis la trêve d'avril. Un navire transportant des véhicules a également été frappé au large du port de Bassorah (sud), selon une source sécuritaire irakienne.
burx-myl/vla
Z.Hatem--CdE