Courier de l'Égypte - Lyhanna: Darmanin, sous pression, exige une "mobilisation générale" et exclut toute démission

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Lyhanna: Darmanin, sous pression, exige une "mobilisation générale" et exclut toute démission

Lyhanna: Darmanin, sous pression, exige une "mobilisation générale" et exclut toute démission

Sous pression à droite comme à gauche, Gérald Darmanin a appelé lundi à une "mobilisation générale" afin de "faire la vérité" après les défaillances dans l'affaire Lyhanna, en excluant toute démission, alors que Yaël Braun-Pivet a demandé à ce qu'un texte de loi sur les violences sexistes et sexuelles soit rapidement examiné à l'Assemblée.

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"Il ne nous a manqué ni de moyens, ni de lois, il nous a manqué de prioriser des viols sur les mineurs", a insisté le ministre de la Justice lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion avec les procureurs généraux pour leur demander de "reprendre l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants", soit environ 70.000.

Le garde des Sceaux a expliqué avoir commandé un état des lieux "tribunal par tribunal, commune par commune de toutes ces plaintes", avant de recevoir "les procureurs généraux individuellement" et faire alors "le point".

"Il nous a dit de regarder les choses en face, c'est ce qu'on doit aux Français. Pour nous aussi, c'est un échec collectif", a relevé auprès de l'AFP la procureure générale de Paris, Marie-Suzanne Le Quéau.

La convocation matinale avait lieu au lendemain d'une marche blanche en hommage à la collégienne à Fleurance (Gers) dominée par la colère, alors que des associations féministes et de la protection de l'enfance appellent à des rassemblements devant les tribunaux lundi à 19H00.

En Seine-Saint-Denis, les magistrats du tribunal de Bobigny, deuxième plus grosse juridiction de France, ont dénoncé lundi après-midi "l'hypocrisie" du garde des Sceaux sur la priorisation des contentieux liés aux violences faites aux enfants et "l'aveuglement" des pouvoirs publics face à un "abandon des acteurs de la protection de l'enfance".

Depuis la découverte jeudi du corps de la fillette de 11 ans et les révélations sur des plaintes pour viols sur mineures - certaines procédures ayant ensuite été classées - dont le suspect a fait l'objet, M. Darmanin occupe le terrain médiatique, s'étant d'abord dit "terrifié", puis pointant le lendemain sur X "les dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l'Etat".

Lundi, il a répété que des sanctions seraient prises après des "défaillances extrêmement graves". Une inspection - justice, gendarmerie et Education nationale - doit rendre ses conclusions sous 15 jours.

- Audition devant le Sénat mardi -

L'épreuve est rude pour Gérald Darmanin, pilier du gouvernement dont il est le membre le plus populaire.

Il a écarté l'idée d'une démission de son poste de ministre, notamment réclamée par La France Insoumise, car "cette défaillance ne tenait pas aux instructions que le ministère a données", a-t-il martelé, rappelant par ailleurs que "le Parlement est là pour le contrôler".

Application dès mardi matin: Gérald Darmanin et son collègue de l'Intérieur, Laurent Nuñez seront auditionnés par la commission des Lois de la chambre haute.

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a pour sa part demandé l'inscription à l'agenda du Parlement de la proposition de loi "intégrale", transpartisane, sur les violences sexistes et sexuelles, co-signée par une centaine de députés.

Alors que les "problématiques sont systémiques", ce texte "porte des réponses qui touchent l'ensemble des domaines: la justice, la sécurité, le foyer (...) les associations, les activités sportives, l'éducation", car le combat doit être porté "sur tous les fronts", a expliqué Mme Braun-Pivet, en réclamant un examen lors de la session extraordinaire, soit en juillet, soit en septembre.

La plainte qui concentre les critiques avait été déposée le 22 août 2025 à Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) par la mère d'une fillette de 11 ans pour des faits de viols commis entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile du suspect, Jérôme B.

Après avoir réalisé plusieurs actes d'enquête, dont des examens médico-légaux corroborant les déclarations de la petite fille, le parquet de Toulouse s'était dessaisi au profit de celui d'Auch, territorialement compétent. Transmis par voie postale fin 2025, le dossier n'a été adressé à la gendarmerie de Lectoure (Gers) que le 9 janvier 2026. "Si on met neuf mois à ne pas placer quelqu'un en garde à vue ou à ne pas écouter cette personne, je me dis légitimement que notre service public de justice a dysfonctionné", a commenté lundi M. Darmanin.

Il est "inadmissible" que des magistrats "soient désignés responsables et soumis à la vindicte et aux menaces", a fustigé lundi Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des magistrats (majoritaire).

Si le budget de la Justice a augmenté ces dernières années, il ne comble pas, selon le président de la Conférence nationale des procureurs de la République, Frédéric Chevallier, un retard structurel: la France compte trois procureurs pour 100.000 habitants, contre 12,2 en moyenne en Europe.

bur-edy-pab-al/bfa/frd/

W.Bakr--CdE